Un appétit insatiable

centrale-energieL’Agence internationale de l’énergie (IEA) vient de publier un rapport spécial, Word energy investment outlook, qui porte sur la capacité de répondre à la demande croissante d’énergie.

L’IEA prévoit que d’ici 2035, la demande totale mondiale d’énergie passera de 13 240 millions de tonnes équivalent pétrole (MTEP) à 17 376 MTEP, soit un rythme annuel de croissance de 1,2 %, pour une augmentation de 31,2 % sur la période 2012-2035.

La part des énergies fossiles dans la production mondiale diminuera légèrement, passant de 82 % en 2012 à 76 % en 2035.  Néanmoins, considérant l’augmentation totale de la demande énergétique, les émissions de CO2 passeront de 31,5 à 37,2 Giga-tonnes, une croissance annuelle de 0,7 %.

Pour répondre aux besoins en énergie, l’IEA estime qu’il faudra investir en moyenne 1 826 milliards de $ par année.  En 2013, plus de 1 600 milliards de $ ont été consacrés à la production d’énergie.  D’ici 2035, l’agence prévoit des investissements totaux de 48 billions de $, dont 40 pour l’approvisionnement énergétique et 8 pour l’efficacité énergétique.

L’IEA souligne que les perspectives d’investissement présentées dans son rapport ne permettent pas de rencontrer les objectifs de stabilisation du climat. En effet, les politiques actuelles et les tendances des marchés n’incitent pas assez fortement à un transfert, à la vitesse et au niveau requis, des investissements vers des sources d’énergies à faible émission de GES et vers l’efficacité énergétique.  Une percée majeure lors de la conférence de Paris sur le climat en 2015 est essentielle pour espérer une transition significative.

Pour nos sociétés, l’énergie constitue l’enjeu majeur du 21è siècle.  Répondre à la demande croissante présente des défis considérables, en terme d’investissements, mais surtout sur le plan environnemental.  Les changements climatiques ne pourront être ralentis que si nous réduisons très significativement notre recours aux sources fossiles.  Le développement des sources renouvelables et l’augmentation de l’efficacité énergétiques sont incontournables.  La solution la plus simple, et paradoxalement peut-être la plus difficile à appliquer, demeure néanmoins de réduire notre insatiable appétit d’énergie.  Tôt ou tard, nous serons contraints à la frugalité ; il serait moins pénible de nous mettre dès maintenant au régime que d’attendre d’y être obligés.