Métier d’écrivain

J’ai toujours beaucoup écrit. Depuis mon enfance à l’école. Puis, très tôt, dans mon journal personnel. Et plus tard, dans les journaux étudiants, puis les journaux tout court!

Et pourtant, même si j’ai écrit des tonnes d’articles dans toutes sortes de revues au cours de ma vie, et même des chapitres, des préfaces ou d’autres participations dans des livres collectifs, ce n’est qu’à l’âge de 57 ans, en 2005, que j’ai finalement publié un premier livre à mon nom : L’ABC de la simplicité volontaire aux Éditions Écosociété.

Au-delà de la satisfaction d’avoir écrit un livre, ce qui m’a toujours davantage intéressé, c’est de «prendre la parole» : dans un groupe, une assemblée ou sur la place publique. À tort ou à raison, j’ai l’impression d’avoir «quelque chose à dire» sur une foule de choses en raison de ma grande curiosité, de mes nombreuses recherches et lectures, et des expériences très diverses que j’ai eu la chance de vivre : travail à l’étranger (Afrique, Haïti), études d’avocat, implications avec les réfugiés et les immigrants, le domaine des droits humains, la solidarité internationales, l’habitation en copropriété, les communautés chrétiennes, le journalisme, l’animation, les numéros de charité, etc.

Mais je n’avais toujours pas l’impression, et encore moins la prétention, d’être un écrivain. Surtout que je n’écrivais ni des romans, ni de la poésie, ni même des biographies ou des récits historiques. Même si dès mon premier livre, je m’étais fait un devoir de devenir membre de l’association professionnelle de ceux et celles qui écrivent, l’UNEQ (Union des écrivainEs du Québec).

Sept ans plus tard, je publiais un second petit livre : ROMPRE! ou Le cri des «indignés» (Écosociété, 2012). Avec quoi faudrait-il «rompre», dans notre monde actuel, pour créer le genre de société plus juste et plus heureuse auquel nous aspirons tous?

En avril 2014, je venais m’installer à Scotstown avec ma compagne Céline. Mon intention était claire : devenir un bon voisin et un bon citoyen dans mon nouveau milieu, mais n’y prendre aucune responsabilité. Même pas m’impliquer dans les débats ni prendre la parole : ce fut un lamentable échec! Depuis mon arrivée ici, en plus des nombreuses lettres aux journaux, j’ai publié quatre nouveaux livres, dont deux du même coup en novembre de cette année.

D’abord Québec, tu négliges un trésor!, un petit essai sur la foi, la religion et la spiritualité dans le Québec d’aujourd’hui (Éditions Novalis, 2015). J’y suggérais que la génération de nos enfants et de nos petits-enfants sont héritiers d’un possible trésor (la Bonne Nouvelle de l’Évangile) alors qu’ils ne se savent même pas héritiers, et connaissent encore bien moins le contenu de l’héritage, incapables par conséquent d’en juger par eux-mêmes.

Ensuite La «pauvreté» vous rendra libres! (Novalis, 2016), un petit essai sur la vie simple et son urgente nécessité. J’y montrais que le sens négatif actuel de la pauvreté est récent dans l’histoire, que la pauvreté a été très longtemps une valeur positive, qu’elle n’a rien à voir avec la misère et qu’elle est au contraire le choix d’une vie axée sur l’essentiel, condition de la vraie liberté.

Et maintenant En quoi je croîs (Novalis, 2017), qui est un essai d’autobiographie spirituelle, relatant en 200 pages comment le catholicisme des générations précédentes a nourri et influencé mon engagement social varié tout au long de ma vie, mais surtout en quoi cet engagement multiforme a influencé et modifié peu à peu cette foi chrétienne pour aboutir à une sorte de bilan : où en suis-je à la veille de mes 70 ans?

Et NONVIOLENCE, Une arme urgente et efficace (Écosociété, 2017), où je montre que la nonviolence bien comprise est une richesse beaucoup plus profonde que les seuls moyens de luttes sociales qui s’abstiennent d’utiliser la violence, que la nonviolence progresse partout dans le monde (contrairement à l’image que nous en donnent les médias), qu’elle est plus efficace que la violence (ce qui peut sembler difficile à croire et qui est pourtant démontré), et surtout qu’elle est urgente pour faire face aux défis que sont les changements climatiques, les crises économiques ou les migrations internationales.

Suis-je devenu un écrivain? Peut-être. Mais un écrivain qui n’aura plus le temps d’écrire pour quelques années, compte tenu de mes nouvelles responsabilités de maire! Alors j’organiserai sans doute un «lancement» de livres, début 2018, pour tourner la page entre la vie d’écrivain et de maire. Et vous y serez tous invités! Bonne nouvelle année!

(Chronique «Ce que j’en pense…» publiée dans L’Événement de décembre 2017)

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