6 commentaires


  1. La semaine dernière j’ai écouté le film « The Big Short » (réalisateur: Adam McKay). Ça aide beaucoup à comprendre pourquoi nous en sommes rendus là. La crise financière de 2007, ce sont de vraies personnes qui ont perdu leurs maisons et leurs économies et tout cela a été traité avec un cynisme épouvantable. Puis, tout le monde a oublié, tant et si bien que certains des produits financiers alors responsables de l’effondrement, sont, depuis 2015, remis en circulation, sous un autre nom. Ces gens viennent nous dire aujourd’hui qu’eux ils n’ont pas oublié.

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  2. André Jacob

    Donald Trump devient président des Etats-Unis malgré ses frasques, ses discours méprisants, ses mensonges répétés à satiété et son mépris à l’égard des millions de Latinos et d’immigrants de confession musulmane qui forment une large partie de la masse ouvrière de ce grand pays. Incroyable, mais vrai, le peuple a jeté son dévolu sur un milliardaire retors populiste et démagogue. La contradiction me paraît flagrante : la masse populaire met son sort entre les mains d’un homme de droite extrêmement riche qui n’en a rien à cirer de combattre les inégalités sociales ; au contraire, il s’oppose à toute mesure de protection sociale, vise à abolir le programme d’assurance maladie public (Obama Care) et propose de baisser les impôts des riches. En d’autres mots, il va travailler à maintenir les inégalités sociales et économiques. Il a pourtant réussi à convaincre une majorité en répétant ad nauseam qu’il va créer des emplois et combattre la corruption et mille autres promesses qui resteront probablement sans suite. Sa gouaille, sa vulgarité et sa popularité acquise lors de la présentation de ses émissions de télé-réalité l’ont mis en scène dans ce spectacle à grand déploiement qu’est une campagne électorale américaine… Il triomphe comme un jeune premier dans une tragi-comédie vulgaire.

    Dans une conjoncture de crise sociale, les gens cherchent un sauveur. Dans les années 30, au sortir de la grande dépression des années 20, les gens ont cherché la sécurité dans les organisations de la droite et ont élu des dictateurs fascistes (Hitler, Mussolini, Franco, Salazar, etc.). Au Québec, Maurice Duplessis a fait son entrée en scène dans la même mouvance. Aujourd’hui, la droite gagne en crédibilité en France en jouant la carte de la peur des immigrants, des difficultés de leur intégration. C’est le cas en Hongrie, dans les Pays-Bas, en Autriche, en France et ailleurs. Ici, j’entends des gens dire qu’il est impossible qu’un démagogue xénophobe se fasse élire… Faux ! La peur de l’immigration et la xénophobie restent très présentes au sein de la population. Il suffirait de peu pour que se lève un leader démagogue un peu charismatique capable d’exploiter les préjugés et les stéréotypes et il pourrait probablement déclencher une vague d’appui insoupçonnée. Je crains fort que ce soit possible. Quelle surprise !

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  3. Maurice Gendron

    Je pense un peu comme toi, Dominique. Cette élection agit comme un dévoilement, ce que réussissait Occupy, mais sans les moyens de la démagogie. Je pense aussi comme André: les droites du monde entier ouvrent des chemins plus qu’inquiétants. Voilà un peu où nous en sommes pour ce qui est de notre conscience collective, de notre éducation collective. Le film Demain est pourtant vrai: des surgissements d’actions lèvent partout. Le fait d’une minorité, face à une majorité offerte à la manipulation? Ouf! Maurice

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  4. Amir M. Maasoumi

    Merci, Dominique,

    Je ne crois pas que ‘’la plupart d’entre nous (le) souhaitaient’’ l’élection d’une néoconservatrice notoire comme ‘’Killary’’, une pourriture de corrompue et ex-ségrégationniste – dans sa jeunesse -, déguisée en ‘’démocrate’’, financée et appuyée par des puissants lobbies financiers et des banques, des industries de guerre et de sécurité, des pays les plus réactionnaires, artificiels, génocidaires et illégitimes comme l’Arabie Saoudite et l’entité sioniste, des mafiosos essentiellement sionistes et inconditionnels de Netanyahou, de l’industrie du jeu et du ‘’blanchiment d’argent’’ de Las-Vegas et d’Atlantic City… (Tout cela est vérifiable très facilement).

    Se libérer de la ‘’fatalité’’ de ce choix imposé entre le ‘’mauvais’’ et le ‘’pire’’ est aussi une acte de conscience, une acte révolutionnaire dans le plus noble sens du terme.

    Il y avait d’autres choix, à part le choix entre ‘’le Chien sauvage et la Chacal’’ qui se ressemblent dans leurs bassesses scandaleuses et dans leurs petitesses criminelles. À part cette dichotomie sans issues que les médias et leurs ‘’faiseurs d’opinions » nous imposent sur le modèle du choix entre la guerre ou Saddam, la guerre ou Gaddafi, la guerre ou Assad, etc…

    Comme alternative, je peux citer, entre autres, le US Green Party et sa Chef Jill Stein (une médecin juive) avec un colistier comme mon ami, l’admirable Ajamu Baraka: des gens courageux qui endossent même formellement et publiquement la campagne BDS (Boycott, Sanction et Désinvestissement totale de l’entité d’apatride sioniste nommée Israël: voir l’entrevue de Jill et Ajamu avec CNN).

    La victoire de Trump est l’expression de la déchéance d’une société à tous les niveaux, de l’échec de l’establishment et de ses ‘’mercenaires’’; mais ce triomphe est aussi le signe de l’échec flagrant de ceux et celles qui se veulent ‘’intellos’’ et guides…

    En toute amitié, amour et paix.

    Amir

    NDLR: texte reçu comme courriel personnel et publié ici avec la permission de l’auteur qui ajoutait la précision suivante. «Je n’ai aucune objection pour sa publication. Au contraire, je te serai même reconnaissant s’il suscite le moindrement d’intérêt et de débats et cela, malgré le fait que c’est un texte bref qui était écrit spontanément et dans le contexte d’un échange privé, adressé à un personne qui me connaît et qui connaît de quel angle je regarde les choses, dans quel but, pour défendre quoi et pourquoi une telle indignation! Un texte marqué par le langage, le style et la liberté qu’on se donne dans un tel contexte d’échanges privés…»

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    • Dominique Boisvert

      Cher Amir,

      Tu as largement raison, et je partage une bonne part de ton analyse. Mais, malheureusement, je la crois largement «inaudible» pour une vaste majorité de nos concitoyenNEs auxquelLEs j’essaie de m’adresser.

      Nous nous parlons bien trop souvent «entre nous» (qui partageons une même analyse «juste» — la fameuse «ligne juste» de nos groupes politiques marxistes-léninistes des années 70-80 au Québec) et la très grande partie des gens que je côtoie (en dehors de nos cercles militants) sont complètement imperméables à nos querelles politiques.

      Bien sûr que je ne trouvais pas l’élection de Clinton comme l’équivalent d’une éventuelle candidature démocrate de Bernie Sanders! Mais dans les faits, c’était Clinton qui était sur le bulletin de vote, et pas Sanders. Et Jill Stein (que je connaissais un peu, mais pas du tout son colistier) n’avait AUCUNE chance d’être autre chose, dans l’élection réelle et concrète d’hier, qu’une quantité négligeable.

      Si j’avais eu à voter aux États-Unis, il est possible que j’aie voté personnellement pour Mme Stein. Mais pour (presque) tous ceux et celles qui m’entourent concrètement (surtout qu’ils n’avaient pas à voter), le choix se faisait entre Trump et Clinton. Et leur réaction, émotive comme spontanément «politique» en était une de choc, de déception et de crainte. Et donc facilement d’impuissance et de démission («attendons que l’orage passe, en espérant qu’il sera moins dévastateur que nous le craignons»). Et c’est d’abord pour eux que j’ai écrit ma lettre. Pas pour notre petit réseau de gens très militants et politisés qui arrivons difficilement à faire partager nos analyses par «monsieur et madame tout le monde» (je suis encore plus sensible à cette dimension facilement «élitiste» de nos analyses depuis que je vis dans mon petit village de 530 personnes, dont pas grand monde se reconnaîtrait dans le vocabulaire et le style que tu utilises dans ton courriel).

      très amicalement (et solidairement),

      Dominique

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  5. Yves Chevrier

    Bonsoir Dominique,

    J’aime bien ton mot que Normand m’a fait suivre. Après l’élection d’hier, je me disais que c’est impossible que tous ceux qui ont voté Trump soient des mineurs qui ont perdu leur job dans les mines de charbon.
    La moitié de l’Amérique a voté pour lui, ce n’est pas rien. Ce sont sans doute les maladies de l’écoeurantite aiguë et du ronge-ton-frein qui couvent partout en ce moment, qui ont fait bouger ces électeurs. Ils se sont exprimés de cette façon là. Assez c’est assez ! Ils veulent que ça change. Ils ont foncé tête baissée dans l’ouverture Trump. Si un Pierre Falardeau se présentait chez nous, que penses-tu qui arriverait ? Je ne sais pas. Bravo, les Américains !

    (Ajouté le lendemain)
    Hier, j’étais sonné. J’apporterais peut-être certaines précisions aujourd’hui.
    Et puis, non. Je pense vraiment ce que j’ai écrit, même si Falardeau est un héros… et Trump un trou du cul.

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