3 commentaires

  1. Hugues St-Pierre

    Merci Dominique de me stimuler à débattre.
    Je ne comprends pas pourquoi l’on réfléchit sur des principes sans s’appuyer sur ce que l’on peut observer de la réalité, sur des faits.
    Une réalité que j’observe, c’est que l’on a de plus en plus le moyen de réduire la douleur, même souvent de l’éliminer, que cette douleur soit physique ou psychologique… mais pas toujours. La biologie, la foi, les croyances ou la psychologie de certains, leur permet de mieux supporter la douleur que d’autres; ou de vouloir en supporter davantage. Mais, il demeure que certains souffrent et, parmi eux, certains décident un jour ne plus accepter cette souffrance. À mon avis, si je respecte l’être humain; je me dois de respecter sa décision : celle de celui qui veut souffrir (port du silice, agonie jusqu’à la fin ‘’naturelle’’) et celle de celui qui veut faire cesser cette douleur; même au prix de sa vie. Ni l’État, ni le pouvoir médical, ni un dieu quelconque ne doit m’imposer de vivre dans la souffrance. Comment peut-on le comprendre pour un animal mais pas pour un humain que l’on prétend aimer d’un amour humain ou de celui du Christ?
    Des abus!!! Pour toutes les personnes qui ont porté attention aux informations, pas besoin de fouiller beaucoup dans notre mémoire pour se rappeler que ce n’est pas une loi qui amène ou empêche les abus. Par exemple, je garde un vague souvenir de cette infirmière d’une province maritime qui a tuer une vingtaine de personnes parce qu’elle jugeait que ces personnes ne devaient pas vivre… et bien sûr que les lois considéraient ces gestes comme des crimes!
    J’étais bien jeune, mais je n’ai pas oublié, lorsque j’ai vu le film ‘’On achève bien les chevaux’’ dans les années ’60. Plus tard, le film ‘’Johnny Got His Gun’’; plus récement : ‘’Amour’’.
    Tant que quelqu’un ne fait pas de mal aux autres, respectons sa volonté et évitons de lui imposer notre volonté et nos valeurs lorsque la voie de la conviction à échouée.
    Pour moi, aimer son prochain, c’est cela!.. mais je suis un mécréant.

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  2. Ce texte m’arrive au cours d’une réflexion personnelle très chargée de « ici et maintenant ». Dimanche dernier à minuit, mon père s’éteignait dans les bras de mon frère.
    C’est rare que je peux dire ça de mon patelin d’origine (Sorel), mais il a eu l’immense privilège de profiter d’une équipe de soins palliatifs d’avant garde, comme il en existe peu dans le réseau québécois de la santé, actuellement. Jusqu’à ce qu’il ne puisse plus se lever, il a été soigné à la maison. Puis, il a été transféré (la dernière semaine de sa vie) à l’unité Myosotis. Deux équipes (une à l’unité, l’autre à la maison), le même médecin, tous ont été extrêmement disponibles, attentifs et efficaces. Il y a eu de la fluidité et de la cohérence tout au long du processus qui s’est échelonné sur plus d’un an.
    Mon père a passé ses dernières heures difficilement, on pourrait nommer ça une agonie, mais il était conscient et nous avons pu lui parler, le remercier et lui dire adieu. Sa mort était « contrôlée », soutenue: si cela avait trop duré, on s’apprêtait à agir pour soulager encore. Tout est donc en place: une « mort très douce » est d’ores et déjà possible.
    J’en retire, à chaud, trois leçons:
    1- Tu as raison, Dominique, les services dont mon père a bénéficié devraient être disponibles à tous. Et de l’avis des membres de cette équipe, cette formule coûte beaucoup moins cher au système que la mort à l’hôpital. Pour une fois que l’humain et le financier s’accordent, il faudrait bien en profiter.
    2- Je mesure dorénavant tous les enjeux de la bataille des « aidants naturels ». Mais cette équipe s’occupait de mes deux parents, leur offrant à eux deux, aidante et malade, des services adaptés. Encore un plus pour les soins de fin de vie tels que proposés à Sorel-Tracy.
    3- Je me souviens d’un numéro du SimpliCité dont le thème était »Mourir simplement » et je comprends maintenant tous les enjeux et les défis d’une telle situation. Ma mère est prise dans une spirale de « il faut que »: tout cela coûte incroyablement cher. Il n’existe pas de coopérative funéraire à Sorel-Tracy. On ne peut pas être parfait en tout. Cette question est aussi pertinente que l’autre puisque c’est souvent l’aidant naturel qui, ensuite, doit couvrir les frais aberrants de l’inhumation.
    Pour finir, je te donnerai encore raison, Dominique: dans un système capitaliste effréné, les dérives sont à prévoir et à craindre. Il y a là un terrain très glissant.
    À bientôt, Christine

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  3. Marc Demay

    Merci pour les questionnements que tu fais naître en moi.
    J’avoue ne pas m’être attardé sur le sujet de ta chronique.
    Je vais porter attention à ce qui va se faire au sujet de projet de loi.
    Ton approche me semble raisonnable et c’est sûr qu’il y a des intérêts derrière ce projet.
    Heureusement qu’il y a des gens comme toi qui pensent pour les autres et qui partagent leur vision des choses pour faire avancer notre société.
    Merci encore et continue à faire avancer les débats actuels.

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